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Nous sommes actuellement dans une ère au sein de laquelle le développement personnel est en plein essor. Les rayons des magasins culturels se remplissent de livres et d’outils, les podcasts en ligne abondent, les réseaux sociaux en font l’éloge, les thérapeutes et accompagnants se multiplient… D’un point de vue extérieur, il peut être difficile de comprendre cet engouement autour du développement personnel et surtout, de mesurer son importance. Ainsi, voici dans cet article, quelques clés de compréhension.
Le développement personnel permet la connaissance de soi
Dans le domaine du développement personnel, deux approches sont possibles. Il y a celle qui consiste à développer des connaissances et compétences inexistantes jusqu’alors. Puis celle qui consiste à développer des connaissances et compétences existantes, depuis peu ou depuis toujours. Dans les deux cas, il est nécessaire, pour pouvoir se développer, de se connaître. Mais cela n’est pas chose aisée.
« Le plus grand voyageur n’est pas celui qui a fait 10 fois le tour du monde, mais celui qui a fait 1 seule fois le tour de lui-même. »
Mohandas Karamchand Gandhi
Nous avons tous l’impression de nous connaître, sur le bout des doigts. Cependant, la plupart du temps, nous nous connaissons relativement en surface. C’est-à-dire que nous sommes capable d’identifier et de présenter notre personnalité, nos valeurs, nos passions, nos peurs, nos combats, nos compétences, nos objectifs de vie, etc. Et c’est presque tout. Nous ne poussons pas vraiment la réflexion plus loin en se demandant pourquoi nous sommes ainsi. Car la véritable connaissance de soi se trouve dans cette question : « Pourquoi ? ».
Selon moi, deux raisons expliquent ce manque de profondeur de connaissance de soi.
1. Le choix de la facilité
Si nous sommes capable d’identifier et de présenter notre personnalité, nos valeurs, nos passions, nos peurs, nos combats, nos compétences, nos objectifs de vie, etc., c’est parce que nous en avons fait l’expérience. Par exemple, s’il nous est possible de dire que nous sommes une personne hypersensible, c’est parce que nous avons connu plusieurs expériences lors desquelles nous avons senti en nous une grande sensibilité. Autre exemple, s’il nous est possible de dire que nous sommes une personne qui déteste l’injustice, c’est certainement parce que nous avons connu une ou plusieurs expériences d’injustice à titre personnel et qui nous ont profondément marquées, et que nous nous sommes rendu compte que quand nous assistons à des expériences d’injustice extérieures à nous, nous sentons en nous une grande colère monter. Aussi, cette connaissance de soi résulte d’un « simple » constat.
Cependant, que se cache-t-il derrière tout cela ?
Si nous sommes une personne hypersensible, le sommes-nous devenu ou l’avons-nous toujours été ? Si nous le sommes devenu, est-ce des expériences de vie qui ont fragilisé notre équilibre émotionnel ou est-ce que nous nous sommes progressivement ouvert.e à notre hypersensibilité obtenue par hérédité ?
Si nous détestons l’injustice, savons-nous précisément quel a été le cheminement de pensées et d’émotions qui a fait que nous avons vécu l’expérience initiale qui a créé notre colère envers l’injustice, comme de l’injustice plutôt que comme du rejet ou de la trahison ? Car vous le savez sûrement, deux personnes ne vivront pas pareil une même situation, en fonction de leur personnalité respective notamment. Alors savez-vous ce qui a fait que vous avez vécu cette expérience de cette manière, et non d’une autre manière ?
Pour répondre à ces questions, une seule possibilité : l’introspection. Et c’est cela qui n’est pas chose aisée.
2. La difficulté de l’introspection
Avant toute chose, voici ce qu’est l’introspection. Ce terme désigne le fait de regarder à l’intérieur de soi, en vue d’étudier sa propre personne. L’idée étant notamment de découvrir son fonctionnement : pourquoi je pense cela ? Pourquoi je réagis comme cela ? Pourquoi j’agis comme cela ? Etc. Aussi, l’étude de soi s’effectue à travers une première phase d’observation, une seconde phase d’analyse puis une dernière phase de compréhension. Ainsi, l’introspection permet d’augmenter son niveau de conscience de soi et de ce fait, de savoir qui nous sommes véritablement et pourquoi nous le sommes.
Pourquoi l’introspection est-elle compliquée ?
Premièrement car l’introspection nécessite de s’observer, qui plus est, de s’observer avec détachement. Cela signifie que l’observation que nous faisons de nous-même ne doit pas être influencée par notre propre perception du monde et de nous-même. Par exemple : si je considère que mentir est une mauvaise chose, il peut m’être difficile (voire impossible) d’admettre qu’il m’arrive de mentir. Ce qui aura pour effet de biaiser le résultat de ma propre observation. Ainsi, introspecter n’est pas naturel car le sujet à étudier et l’étudiant se confondent…
Deuxièmement car l’introspection peut être contraignante. En effet, elle demande de prendre du temps pour soi car il est difficile, surtout quand on débute, d’introspecter en même temps que ses activités quotidiennes. Il est ainsi nécessaire de s’accorder un moment pour faire du journaling ou de la méditation par exemple, exercices qui sont de belles portes d’entrée vers soi. Cependant, comment prendre du temps pour soi dans un monde à mille à l’heure ? Malheureusement, ces moments à s’accorder sont souvent vus comme une perte de temps.
Troisièmement car l’introspection nécessite de plonger dans son histoire de vie. Cette dernière pouvant être difficile, nous pourrions avoir des réticences à l’idée de ressasser des expériences passées douloureuses.
À savoir :
Au sujet du premier point, il est intéressant de savoir que pour Aristote, grand philosophe grec de l’antiquité, se connaître par soi-même serait impossible, car l’homme est aveugle sur lui-même. Cependant, nous possédons tous cette capacité d’auto-observation avec détachement. En psychologie, cette capacité est appelée métacognition, soit « la cognition sur la cognition ». Autrement dit, « penser sur ses propres pensées ». Elle n’est simplement pas développée car peu de personnes connaissent son existence et/ou son intérêt.
Le développement personnel facilite l’introspection
En fonction du besoin et/ou de l’envie, deux types d’introspection sont possibles :
- L’introspection autonome, qui est effectuée par soi-même ;
- l’introspection guidée, qui est effectuée par un thérapeute ou un accompagnant.
Dans le premier cas, l’abondance et la diversité de réflexions et méthodes d’introspection proposées par les différents auteurs de livres, créateurs de podcasts et développeurs d’applications, permet à tout un chacun d’y trouver son compte et ainsi, d’entreprendre sa connaissance de soi.
Dans le second cas, le processus d’introspection est grandement simplifié du fait qu’un professionnel soit à nos côtés, en nous guidant et nous soutenant. Aussi, le professionnel choisi peut proposer un accompagnement personnalisé, ce qui simplifie d’autant plus ce processus d’introspection.
Ainsi, le domaine du développement personnel est la voie royale de l’introspection puisque d’une part, il la rend accessible et d’autre part, il la rend praticable.
Pourquoi la connaissance de soi est-elle importante ?
La connaissance de soi permet la responsabilisation de soi
Prendre la pleine responsabilité de sa vie est indispensable afin de vivre une vie épanouissante. Car si nous ne prenons pas la pleine responsabilité de notre vie, quelles que soient les expériences, nous prenons le risque d’être un frein à notre propre bonheur. En effet, nous voulons tous, ou presque, du changement dans notre vie, afin d’être plus heureux. Or, la plupart du temps, nous ne sommes pas prêt à changer. Pourtant, s’il y a des changements qui doivent provenir de l’extérieur, la plupart, si ce n’est la majorité, doivent provenir de l’intérieur, donc de nous-même. La première étape est ainsi de se responsabiliser.
Malheureusement, nous avons tendance à nous responsabiliser face à nos réussites mais à nous déresponsabiliser face à nos échecs. Car s’il nous est facile de dire des autres qu’il font des erreurs, il est beaucoup plus difficile de faire ce constat au sujet de notre propre personne. Pourquoi ? Il me semble qu’un des éléments de réponse se trouve dans le fait que nous associons la responsabilisation au mérite. Quand nous vivons une expérience positive, nous nous disons que nous l’avons méritée alors nous nous responsabilisons mais quand nous vivons une expérience négative, nous nous disons au contraire que nous ne l’avons pas méritée donc nous nous déresponsabilisons. Je pense à l’inverse que la responsabilisation n’a rien à voir avec le mérite. Dans le sens où ce n’est pas parce que nous n’avons pas mérité une expérience que nous n’en sommes pas moins responsable. Nous sommes humain, il est normal de faire des erreurs parfois, alors même que nous souhaitons le meilleur pour nous-même. Le tout étant de savoir le reconnaître.
À force de ne pas se responsabiliser vis-à-vis de ses échecs, ces derniers finissent par revenir dans notre vie et ce, de plus en plus fréquemment. C’est ainsi que nous en arrivons à penser qu’il s’agit d’un coup du sort, ce qui nous encourage encore moins à nous responsabiliser. Cependant, si ses échecs reviennent, c’est souvent parce que la situation à l’origine de l’échec est vécue de la même façon. Ce sont les mêmes schémas de pensées, d’émotions et d’actions qui se répètent. Et un schéma peut aussi bien être un cercle vertueux qu’un cercle vicieux…
C’est pourquoi il est primordial de se connaître, car cette connaissance de soi nous permet de prendre conscience de nos schémas négatifs qui eux-mêmes nous font découvrir nos schémas répétitifs, donc nos cercles vicieux. Face à ces prises de consciences, nous sommes bien obligé de nous rendre à l’évidence : nous sommes aussi bien responsable de nos réussites que de nos échecs.
Et c’est le premier pas vers le changement !
« Jusqu’à ce que vous rendiez l’inconscient conscient, il dirigera votre vie et vous l’appellerez le destin. »
Carl Gustav Jung
La connaissance de soi permet l’accomplissement de soi
Tout d’abord, quelques précisions sur ce qu’est l’accomplissement de soi. Ce concept a été mis en place par le psychologue américain humaniste Abraham Maslow, dans le cadre de sa théorie de la pyramide des besoins. Cette théorie répertorie et hiérarchise nos besoins vitaux : besoins physiologiques, besoin de sécurité, besoin d’appartenance, besoin d’estime et besoin d’accomplissement de soi. Aussi, ce dernier besoin consiste à atteindre ses objectifs de vie en exploitant son plein potentiel. Lorsque nous atteignons nos objectifs de vie, nous ressentons une grande satisfaction et une grande fierté, et c’est ainsi que nous considérons le fait que nous nous sommes accomplit personnellement.
Pour s’accomplir, il est nécessaire, dans un premier temps, de se responsabiliser (cf. point précédent). Ensuite, dès lors que nous avons pris conscience de nos schémas négatifs et répétitifs, il convient de remettre en question ces schémas afin de les transformer en schémas positifs et soutenants. En effet, si nous souhaitons un changement dans notre vie, la responsabilisation de soi n’est pas suffisante et il serait vain de s’arrêter à cette étape, sachant que ce sont les remises en question qui sont le véritable moteur de l’évolution.
C’est alors que les notions de confiance en soi et d’estime de soi entrent en jeu. Car si nous n’avons ni confiance en nous ni estime de nous, il sera certainement difficile de transformer nos schémas étant donné que nous aurons l’impression de ne pas pouvoir faire autrement. Or, nous avons tous en nous des ressources intérieures inexploitées, car inconnues. Il s’agit simplement de découvrir ces ressources et de nous laisser la possibilité d’envisager ce qu’elles peuvent nous permettent d’être, de faire et/ou d’avoir. Et c’est en allant à la rencontre de soi-même, dans les profondeurs de son être, que nous pouvons découvrir nos ressources intérieures.
Pour aller plus loin : la connaissance de soi permet la liberté d’être
Nous avons tous notre propre cadre de référence, donc notre propre manière de voir le monde et d’interagir avec lui, au travers de nos pensées, émotions et actions notamment. Notre cadre de référence nous représente et est créé par notre vécu. Précisément par notre éducation, notre environnement familial, notre environnement social, notre environnement sociétal et l’ensemble de nos expériences. Aussi, ce que nous sommes n’est qu’une possibilité parmi tant d’autres étant donné que nous le sommes devenu. Si notre vie avait été différente, nous aurions été une personne différente.
Ainsi, si la connaissance de soi permet la liberté d’être, c’est parce que d’une part elle nous permet de prendre conscience du fait que nous avons tous un cadre de référence et donc que nous vivons de manière prédéfinie, puisque comme mentionné ci-dessus, ce cadre dicte nos pensées, émotions et actions notamment. D’autre part, c’est parce qu’elle nous permet d’identifier notre cadre de référence et donc de nous détacher de celui-ci, en partie, s’il ne nous convient pas et/ou s’il ne soutient pas notre accomplissement personnel. Finalement, la connaissance de soi nous permet de véritablement choisir la personne que nous souhaitons être, en lien avec la vie de rêve à laquelle nous aspirons.
Eckhart TOLLE, auteur du livre best-seller « Le pouvoir du moment présent », perçoit le mental (siège de notre cadre de référence) comme un outil, qui plus est, un outil mal utilisé. Plus précisément, ce n’est pas tant que le mental est un outil mal utilisé mais plutôt, qu’en général, il n’est pas utilisé du tout et que de ce fait, c’est lui qui nous utilise. C’est ainsi que nous pensons être notre mental. Or, selon Eckhart TOLLE, nous sommes bien plus que cela et surtout, nous sommes capable d’aller au delà de cela. Ce même écrivain a d’ailleurs publié un second livre « Mettre en pratique le pouvoir du moment présent ».
Conclusion
Le développement personnel est important parce qu’il permet la connaissance de soi, qui elle-même est importante. La connaissance de soi dont il est sujet ici est celle qui concerne le fait de se connaître en profondeur, puisque la plupart du temps, nous nous connaissons en surface étant donné qu’aller à la rencontre de soi-même n’est pas chose aisée. Ainsi, d’une part, la connaissance de soi est induite par le développement personnel puisque pour pouvoir se développer, il faut avant tout se connaître. Et d’autre part, le domaine du développement personnel facilite la connaissance de soi en profondeur grâce, notamment, à l’abondance et à la diversité de contenus disponibles dans ce domaine.
Aussi, si la connaissance de soi est importante, c’est parce qu’elle permet en premier lieu de se responsabiliser, puis en second lieu de s’accomplir. Globalement, c’est parce qu’elle permet une certaine liberté d’être. Comme le souligne Socrate, grand philosophe grec du Vᵉ siècle av. J.-C., avec sa célèbre phrase « Connais-toi toi-même », l’introspection est indispensable à celui qui aspire à une vie riche de sens.
Si vous désirez en savoir plus et/ou être accompagné.e dans votre introspection, je vous invite à me contacter à l’adresse mail camille@sadhanacoaching.fr et/ou à vous rendre sur la page coaching du présent site internet afin de découvrir le coaching Renaissance. Je suis Camille, coach en développement personnel et je serais ravie de vous accompagner sur un bout de votre chemin. À bientôt !


